Mercredi 27 juillet
La porte d’un immense espoir s’est
ouverte devant les familles du secteur III de la Qasba de Mehdya. Celle d’un
local destiné aux enfants scolarisés de même qu’aux autres, dans l’esprit des
prestations d’une Maison de la Jeunesse, c’est-à-dire avant tout gratuitement.
Le besoin est immense, en effet.
Il y a tout d’abord l’urgence d’une mise à niveau, particulièrement en
français, pour un très grand nombre d’enfants scolarisés dans les établissements
publics. Il y a surtout, à un mois de la prochaine rentrée, l'urgence de combler les lacunes de tous les
redoublants, plus nombreux cette année que l’année précédente.
Avec cette question qu’ont fini
par se poser les parents qui ont payé toute l’année durant à leurs enfants les
services d’un professeur particulier sans que cela ait eu le moindre effet sur
leur niveau : si même l’assistance scolaire payante ne garantit pas la
réussite, à quel saint se vouer désormais ?
Le défi est ainsi de concevoir et
de mettre en œuvre une solution gratuite et efficace de soutien scolaire et
donc de mettre au point une ingénierie de financement de cette prestation de
services d'encadrement éducatif, culturel et social.





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La solution mise au point par l'Atelier d'action culturelle et sociale dans le cadre de l'école-atelier l'Oliveraie est la réponse pratique au problème le plus fréquent en matière de retards d'apprentissage chez les élèves des écoles publiques en particulier.
Le problème est celui de l'enseignement de la langue française, qui part du principe que le français est une langue étrangère ; alors qu'il serait plus pertinent et efficace de l'aborder en tant qu'outil linguistique de communication.
C'est donc par la nature mécanique du langage articulé que la méthode mise en œuvre par l'Oliveraie propose à ses élèves-apprentis d'aborder l'apprentissage pratique de la langue française, qu'il s'agisse d'initiation ou de mise à niveau.
Avec pour le côté pratique, l'imagination d'histoires à partir de jouets et de figurines, qui incite forcément à l'expression, c'est-à-dire concrètement à la production d'un discours rigoureux, signifiant, cohérent et accessoirement plaisant voire amusant...
Les sons, les lettres, les mots, les phrases et la ponctuation deviennent ainsi autant d'outils et de matériaux mécaniques servant à composer une phrase ou une suite de phrases articulées.
Avec en tout premier lieu l'acquisition de la maitrise phonétique de la langue française dans la spécificité des sons qu'elle met en œuvre. Des sons dont certains n'existent pas en langue arabe, ce qui rend leur prononciation très difficile pour les écoliers marocains de culture arabophone.
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La particularité de la méthode conçue et mise en œuvre par l'Oliveraie tient à l'impératif d'une mise à niveau la plus rapide possible dans la mesure où il s'agit à la base d'une solution d'assistance en cours d'année scolaire.
L'idéal étant qu'en un trimestre au maximum, l'élève concerné puisse atteindre le niveau moyen de sa classe après avoir acquis les bases théoriques et mécaniques fondamentales de la pratique du français, à commencer par sa prononciation.
Quant aux ateliers de création d'histoires, ils permettent aux élèves devenus apprentis de pratiquer avant tout et dans la langue qu'ils maitrisent le mieux c'est-à-dire généralement l'arabe marocain, les techniques de la narration et de la scénarisation. Autrement dit, l'art et les manières de raconter une histoire capable d'enchanter les gens...
Une fois l'histoire racontée dans leur langue maternelle, il devient extrêmement plus facile de les faire participer et contribuer à la création de sa version française, qu'ils finissent très vite par mémoriser.
Il suffit ainsi d'une histoire réalisée par un élève en retard d'apprentissage scolaire pour le transformer en apprenti chevronné d'un savoir-faire professionnel.
...à suivre.