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lundi 31 mai 2021

BIENVENUE EN LIBYE OTTOMANE ?



Les premiers pas des nouvelles autorités de Libye dans l'arène internationale donnent l'impression qu’elles sont ouvertes à la  coopération avec qui le désirerait. L’impression seulement… C’est ce qui ressort des voyages effectués à l’étranger par le premier-ministre Abdelhamid Dbeiba, notamment en Turquie. Message ainsi délivré à la communauté internationale : les Européens doivent venir ici pour parler avec nous; cependant nous allons à Ankara pour parler avec les vrais créateurs du nouvel ordre de Libye.

Libye: le Premier ministre en tournée dans les pays du Golfe pour obtenir leur soutien | Réalités Online (realites.com.tn)

<https://greekreporter.com/2021/05/20/turkey-neo-ottoman-designs-knock-on-europe-door/>


Car le partenaire n°1 de cette nouvelle Libye est bel et bien la Turquie, à en juger par la façon dont comment le président Turc Recep Tayyip Erdogan avait chaleureusement salué le leader libyen. Officiellement Dbeiba s’était rendu en Turquie dans le cadre de la première séance du Conseil conjoint de la coopération stratégique. La Turquie s’empressant pour sa part de faire savoir que malgré le changement de gouvernement en Libye, sa relation avec Tripoli demeure privilégiée.

<https://www.moroccoworldnews.com/public/2020/01/290627/turkey-hegemony-neo-ottomanism-pan-islamism>

Lors de cette rencontre deux pays ont confirmé l'importance du mémorandum maritime. Le 14 avril a été marqué par l'annonce que la Grèce et la Libye ont accepté de reprendre les négociations sur la définition des frontières maritimes. Le nouveau gouvernement de Libye semble ainsi prêt verbalement à satisfaire les demandes de ses voisins, mais sa politique réelle ne change pas d’orientation...

<https://www.ft.com/content/2ae60a1d-3f46-4b84-830d-fdfffd30fbcd>

Les délégations de Libye et la Turquie ont coordonné cinq nouveaux mémorandums de compréhension mutuelle, qui prévoient des projets dans les domaines de la formation, de l'énergie, des médias et de la reconstruction. Ceux qui s’attendaient à ce que la fin du Gouvernement d'accord national avec Fayez al-Sarraj entraine la réduction de l'influence d'Ankara sur Tripoli, constatent en fait, au vu de ces accords, tout le contraire.

La coopération militaire demeurera la part essentielle, mais avec une différence dans la mesure de la progression du fait politique, étant entendu que «toutes les troupes étrangères et les mercenaires» doivent quitter aussi le pays conformément à l'accord sur la cessation du feu et aux résolutions de l'ONU. Le but étant d’aider les Libyens à créer une  force armée nationale sûre et effective sans la présence des troupes étrangères.

La Turquie a souligné qu’elle était toujours attachée à l’exécution rigoureuse des accords. Toutefois l’un de principaux collaborateurs d'Erdogan, Yasin Aktay a fait savoir que la Turquie n'envisageait pas de partir jugeant que sa présence aidera à stabiliser la situation.

Pour plusieurs états européens, le renforcement du rôle de la Turquie comme principal défenseur de Tripoli semble avoir retenti comme un signal d’alarme, sachant que pour le pouvoir turc, cette implantation en Libye met fin à l’ordre établi en 1912, lorsque l’Empire Ottoman perdit le contrôle de ce territoire.

L'exigence de la communauté internationale que toutes les forces étrangères et les mercenaires quittent le Libye, conformément à la résolution 2570 du Conseil de Sécurité de l'ONU du 16 avril, doit pourtant être satisfaite.

Jusqu'ici les Turcs aidaient à réorganiser l'armée de Libye et la police, de même qu’ils ont joué un rôle actif à Tripoli au côté des miliciens populaires.

Sachant que l’incident de Benghazi tend à prouver la constance du soutien turc au nouveau gouvernement : les forces de Haftar avaient refusé de permettre à l'équipe de la sécurité du premier-ministre d’y atterrir à moins que Dbeiba ne se rende au quartier général de Haftar et reconnaitre son autorité. En réponse, Dbeiba avait annulé le voyage. 

<https://www.al-monitor.com/originals/2021/05/turkeys-good-words-not-worth-much-saudi-arabia>

Pour Ankara la présence militaire en Libye est évidemment le moyen d’atteindre de plus larges objectifs stratégiques en Méditerranée. Toutefois si le rapprochement diplomatique d'Ankara avec l'Égypte et Les Émirats Arabes Unis est couronné de succès, la Turquie pourrait revoir sa stratégie de présence militaire constante en Libye. Autrement il faut s’attendre à voir le statu quo perdurer.

<https://atalayar.com/en/content/erdogan-seeks-rapprochement-egypt-and-saudi-arabia>



...à suivre !


 

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